Alerte sur les espèces invasives dans les eaux des Outre-mer

1985, ce n’est pas hier et pourtant quelles mesures ont été prises depuis ? Là encore on nous parle de surveillance, mais qui ? Avec quels moyens, quels budgets ? La France ne s’arrête pas aux frontières de l’hexagone. Et ce qui se passe dans les eaux des Outre-mer est l’affaire de tous. Il ne suffit pas de se déclarer seconde puissance maritime, il faut en endosser toutes les responsabilités.

RP Le COLLECTIFDOM


Dans ce premier « état des lieux », le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dénombre un total de 61 « espèces exotiques envahissantes marines » – poissons, mollusques ou autres – présents dans les eaux de « quasiment toutes les collectivités d’Outre-mer ». Il avertit toutefois que ces chiffres sont « très certainement sous-estimés en raison du manque d’inventaires et de dispositifs de surveillance adaptés ».

Les principaux facteurs d’introduction sont le transport accidentel dans les eaux de ballast des navires ou via les salissures présentes sur les bateaux, ainsi que l’aquaculture, voire parfois la remise à l’eau de spécimens issus d’aquariums. Exemple emblématique, le poisson-lion, ou rascasse volante, originaire de l’océan Indien et du Pacifique qui s’est propagé dans tout le bassin caraïbe depuis la Floride, où il est apparu en 1985. (Lire le rapport de l’UICN ici).

Intrus

Il compte peu de prédateurs, réduit les stocks de poisson, entraînant une augmentation des algues qui à leur tour affectent le développement des coraux. Présent dans les Antilles françaises depuis 2010, son coût y est estimé à plus de 10 millions d’euros par an, notamment en répercussions sur la pêche. Autre intrus, le crabe vert, originaire d’Europe et d’Afrique, et découvert en 2013 à Saint-Pierre et Miquelon. Classé par l’UICN parmi les 100 espèces les plus invasives au monde, il pourrait menacer le secteur de l’aquaculture et de la pêche, s’en prenant notamment aux larves de homard.

Soulignant qu’une fois installées il est « extrêmement difficile » de se débarrasser de ces espèces invasives, l’UICN avertit que 82 autres « EEE », a priori non présentes les Outre-mer français, « ont été identifiées dans des pays ou régions voisines des Outre-mer ». Elle recommande donc une « surveillance systématique pour une détection précoce », un meilleur « contrôle des vecteurs d’introduction », ainsi que le développement d’actions « au niveau régional ». Les Outre-mer représentent plus de 97% de l’espace maritime français, le deuxième plus vaste au monde.

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